L’ordre des prêcheurs

L’Ordre des Prêcheurs, ou Ordre dominicain, a été fondé « pour la prédication et le salut des âmes » (Constitutions primitives) et la première règle de l’Ordre soulignait déjà la priorité accordée à cette activité apostolique. Sa fondation remonte au début du 13e siècle. Les cinq éléments qui font la spécificité du mode de vie dominicain «  nous préparent et nous incitent  à prêcher. Ils donnent à notre prédication son caractère propre ». Par leur profession religieuse, les Dominicains sont ainsi « pleinement consacrés à l’annonce de la Parole de Dieu dans sa totalité ». Ce faisant, ils vivent « une vie apostolique, au plein sens du terme, où la prédication et l’enseignement surgissent de la richesse de la contemplation ».

La famille dominicaine

Les frères dominicains, environ 6000 de par le monde, prêtres ou non, vivent en couvents, regroupés en provinces. En France il y a la Province de France (dont fait partie le couvent de Nancy) et la Province de Toulouse. Le maître de l’Ordre à Rome est leur supérieur général.
La branche des moniales dominicaines réunit les monastères de femmes contemplatives (environ 2500 au total) qui soutiennent la prédication des frères par leur prière. Offrant à ceux qui le désirent un lieu de prière et de silence, leurs communautés sont elles-mêmes une prédication.
Il y a ensuite de nombreuses communautés de religieuses qui partagent la spiritualité dominicaine et constituent les congrégations de sœurs dominicaines qui ont des activités apostoliques diversifiées : éducation, activités caritatives, hospitalières ou pastorales, présence auprès des personnes défavorisées… et qui sont autour de 24000 dans le monde.
Certains laïcs se consacrent au Seigneur par des vœux, dans l’esprit dominicain, mais continuent de vivre leur vie laïque, socialement et professionnellement engagée dans le monde. Il s’agit des instituts séculiers dominicains.
Enfin, de nombreux laïcs, célibataires ou mariés, et aussi des prêtres séculiers appartiennent à des fraternités laïques ou à des fraternités sacerdotales dominicaines, pour nourrir leur vie spirituelle et travailler, avec les frères et les sœurs, à l’annonce de l’Évangile au monde.

Veritas

Saint Dominique avait bien compris que la vérité (veritas), comme la charité, était la suprême miséricorde. Dès lors, l’étude est devenue, dans la famille dominicaine une observance proprement religieuse : il n’y a pas de parole vraie sans une rumination silencieuse de la Parole de Dieu, incarnée dans l’Écriture, la tradition de l’Église et l’histoire des hommes.
Notre temps est toujours en quête de vérité et, quelles que soient ses formes, la prédication dominicaine procède de la volonté de répondre à cette attente. Mais certainement pas en assénant des vérités toutes faites. La vérité, qui jamais ne se possède – qui prétendrait enfermer Dieu dans des définitions ? – les hommes la cherchent, la suivent, la pistent, partout où, dans ce monde, elle les précède. Les dominicains invitent tous ceux qu’ils rencontrent à la chercher avec eux.

Prêcher

Prêcher, c’est agir. C’est d’abord chercher à mieux comprendre ce qui se joue dans le monde. Puis, prêcher, c’est rencontrer les hommes d’aujourd’hui : les jeunes ou les vieux, les biens portants ou les malades, dans l’Église et hors de l’Église… Prêcher, c’est enfin aimer les pauvres, et le pauvre en chacun. Alors oui, prêcher c’est, bien sûr, prononcer des paroles, mais pas de ces paroles qui ne font que « dire ». Ces paroles, comme des sacrements, doivent agir, ouvrir des chemins de vie, donner à voir le Ciel quand l’horizon semble bouché. Et si on « fait » tout cela pour d’autres, c’est aussi parce qu’à chaque rencontre il est donné de rencontrer Dieu.